Forêt.

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Je respire dans le cœur de mes livres l’odeur de la forêt,
La mémoire de l’arbre dont la matière s’est abandonnée
Aux caprices des hommes.  Je n’ai que faire des mots, des idées :
Je fonds dans la matrice, la fibre, l’origine, ce qui te crée. 

Douce liberté d’aller épier le renard aux aguets
Où t’es-tu cachée ?  Dans chaque recoin de ma mémoire
S’ouvre une cloche de muguet,  le besoin de cueillir des histoires
De pieds qui glissent dans la boue, d’erreurs de sentiers. 

J’ai faim d’aller me faire emporter, entre deux gros bras verts,
Et d’exulter de joie à la vue de toutes les surprises entrelacées
Que tu ne manques jamais de m’offrir, quand, sous le bon côté de l’air,
Je n’ai pas trop signalé ma présence silencieuse et désintéressée.

Je loge en ma petite tête ces quelques milliers d’hectares,
Ces champs si bons à rien que la nature en a fait une victoire.
L’atavisme triomphant lie mes envies à des besoins inavoués :
Je suis de ces sorcières qui transformaient les simples en thés. 

Recluse en ma demeure, je garde au ventre mon itinéraire.
Ma première randonnée est pour bientôt au secret sanctuaire.
Forêt, petite forêt, tes racines rampent et glissent sous ma maison.
Le manque de ton odeur finirait, sans doute, par noyer ma raison.

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