Espèce de Paysan.

Longtemps j’ai cru que la mer serait mon seul horizon
Le visage face aux embruns relevant la tête sous le grain
Dans le froid humide si pénétrant ma liberté serrée dans son écrin
De métal gris tournant au vent pour faire dans l’eau des ronds

Mais la vie et les circonstances m’ont ramenées au berceau
Aux amures rassurantes et solides montagnes loin des bateaux
Et j’ai découvert dans les amitiés germant au fil des ans
Des sillons profonds des racines dans la terre des paysans 

Des gens qui n’écoutent pas les sirènes ni Jonathan le goéland
Et qui marchent chaque jour à la peine sans geindre travaillant
Pour faire croître notre nourriture et l’âme de leurs enfants
Un héritage choisi bien avant leur naissance par leurs parents

Et j’ai appris au fil du temps pourquoi on nomme culture
L’espèce de vernis dont je pare mes jours sans soucis
Comptant jour après jour sur l’essentielle nourriture
Que provisionnent au prix du sang mes nouveaux amis

Alors je ne laisse plus sans y mettre une rature ternir l’image
De ceux qui courbent le dos pour donner à mon potage
Le goût de l’humain l’espèce de Paysan qui offre à mon paysage
Sans faim le loisir d’élever mes pensées grâce à son partage

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