Peuple des écrans

Je vous vois marcher sur mes pas dans les sentiers étroits
Des pensées qui dépassent de leurs contenants
Effeuiller les dernières branches de mon automne flamboyant
Respirer les parfums vaporisés au hasard mais voilà
Je ne sais pas vraiment ce qui vous amène dans ce repère
Je ne connais pas la nourriture qui tout à coup pourrait vous plaire
Quel est le mot le plus fin la phrase la plus subtile
La traduction du rêve projeté la plus habile
Je navigue entre deux propositions j’hésite je tergiverse
Avant de vous écrire je pèse l’essence qui me berce
L’esprit de la lettre l’enveloppe du message
J’ai peur de vous servir un bien mauvais présage
Mais vous comme des enfants s’abreuvant à la source
Toujours aimez découvrir mes nouvelles ressources
Toujours épousez mes idées les rendant propres et belles
Merci peuple de l’ombre caché derrière vos lumineux remparts
Peuple des écrans qui nous unissent et nous séparent
Votre présence discrète est une lueur surnaturelle

Publié dans Non classé | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

011

Ô cynique destin de la main qui brode
Qu’es-tu devenue fragile petite chose
A côté de toi la mort vilaine rageuse rode
Mais tu ne la vois pas il faut que tu poses
Sans penser à l’avenir des petits points moroses
En formes destinées à manger les belles roses
Les joues fatiguées sans sourire à la vie
Comment imaginer que tes mains tracent la nuit
Que seul un dessin peut devenir porteur de menaces
Qu’il salira l’histoire des ses odieuses traces
Et qu’à presque cent ans de toi surgissant du néant
Des nausées puissantes retenues par une gorge serrée
N’auront pas encore trouvé le chemin de l’histoire effacée
Ô goût de mémoire amère relevant le front du présent
Quelle tête avons-nous laissée à cette hydre malveillante
Passant d’une cible à l’autre avec une constance affligeante
Qui sont ces magistrats qui se sapent aux commémorations
De draps tout blancs où ne subsistent pas même les traces
De leurs publiques entremises et basses compromissions
Pour récolter des voix même celles des langages salaces
Toutes portes ouvertes sur les mêmes propositions
Nous les laissons se draper du devoir de mémoire
Choyer publiquement leurs électeurs à face d’aiguisoir
Les paroles vernies ne masquent pas leurs exhalaisons

Publié dans AILLEURS, Non classé | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Par le voyage.

010

Par le voyage où se perd notre identité
Pour épouser l’autre dans sa majesté
Dans sa nourriture dans son histoire
Dans le froid de sa peau dans le chaud de son cœur
Dans le mot étranger qui se pose comme une fleur
Et qui se comprend dans ce que le regard donne à voir
Par le trajet long et complexe qui te conduit en train
Sur deux rails bien parallèles tracés jusqu’à l’infini
Depuis l’avion qui t’a posée le métro qui t’a cueillie
Depuis l’étranger qui te sourit sur le chemin
Éclairé par le même soleil qui t’éblouit là ou ici
Par la nuit qui se pose en plein après-midi
Tu es venue témoigner de l’existence d’un ailleurs
Partager une part de tristesse qui s’affiche avec pudeur
Braver dans des lumières des peurs irraisonnées
Désaltérer ton âme avec de profondes vérités

Publié dans AILLEURS, Non classé | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le carré de l’hypoténuse, c’est juste un carré.

A celui qui t’a fait croire
Que le carré de l’hypoténuse
Était autre chose qu’une ruse
Pour faire trembler ton âme sur ses devoirs
Je voudrais en quelques mots lui dire
Que sa méthode en peu de mots expire
Il ne faut qu’un dessin d’une minute
A peine précis pour démystifier ses buts
Et faire tomber l’alignement de dominos
Plus bas que terre faire croire que c’est dur
Que les uns sont bons pour tourner le dos
Aux logiques cyniques des sciences pures
C’est moche et que les autres artistes rêveurs
Attrapeurs de mots ne connaitrons jamais la saveur
Des exactitudes patentées c’est faux
Les portes de la connaissance à tous sont ouvertes
Il n’y a pas de forts pas de faibles beaucoup d’idiots
Qui ne savent pas faire aimer l’essence du beau
Ni dessiner la vie dans sa simple vérité
Leur savoir n’est qu’un vernis dont ils aiment se parer

Publié dans Non classé | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Orchestre, tu joues trop fort.

Devant le chef s’étale une unité de mesure
Un grand jouet qui s’emboite parfaitement
Et la fusion est telle que tout logiquement
Il en fait une œuvre à la magique reliure

Il se fait raconter l’histoire du bout des doigts
Jette un peu d’eau met un coup de fer sur une vilaine plissure
Tourne quelques petits réglages ajoute un peu de foi
Oublie quelques instants ses sournoises cassures 

Le beau présage de tout début de travail
La machine puissante se lance sur de solides rails
Il est plus que jamais inutile d’aller ailleurs prouver l’effort
Celui que tu tutoies habite l’intérieur de son essor

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Rendez-vous musical.

C’est presque comme un jour de fête
Un peu de calme avant la tempête
L’été indien qui s’invite et rejoint l’humeur
Ce matin il fallait se lever de bonne heure
Pour sortir de leur étui les rêves froissés
Et leur donner un petit semblant d’allure
Ce matin à petit point rebroder les dorures
Avant de partir sur les sentiers tous tracés
Et la bulle qui sautille sur place comme un gamin
Chatouille le ventre et brille jusqu’au fond des yeux
A la promesse du repas voici que gigote l’esprit joyeux
Au rendez vous pressé il sera court le long chemin

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

L’ennemi est le temps.

En fin d’été discret à bords de plume émoussés
S’engrange la moisson solitaire qui distribue peu
A l’automne sec qui s’annonce par trop silencieux
La récolte est pleine laissons la nostalgie se trémousser

Toujours à l’ouvrage dans sa calebasse durcie
L’esprit mou tout azimut définit ses nouvelles explorations
Au travers des sens affairés il dépasse ses horizons
Projette ses nouveaux savoirs inutiles en catimini 

En toute saison toujours les projets s’accélèrent
L’ennemi est le temps qui resserre ses filets
Le loisir ce choix faux et dûment contrôlé
N’est qu’un espace ridicule cerné par une sphère

Donnez-nous le temps sans borne le temps de croire
Le temps de poser chaque objet sans obligation méritoire
Sans risque de butoir sans récompense et sans punition
Non pas l’oisiveté mais tout un espace pour la création

Publié dans Non classé | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Un très grand cheval.

J’ai croisé dans la nuit ça peut paraitre anormal
Coincé entre un mur et des déchets un immense animal
Au pelage de bois à l’allure fière un très grand cheval
Relief habité des mes souvenirs d’un festival 

Et même si l’abandon se veut très temporaire
Une étoile reflétait dans son œil ou bien un lampadaire
Je ne sais plus un regret désolé de l’absence des vraies lumières
C’est loin quand on y pense tous les brillants d’hier 

Au départ la tête et le corps creux juste bon pour la poussière
Mais le vent sans désaccord a déposé le temps et la mesure
Ce qui est vit dans les idées au grand jour dans les pensées obscures
En toute circonstance ton esprit végétal n’a pas déserté la matière 

Certains construisent des murs ou de grandes barrières
D’autres n’ont pas le temps de poser des frontières
Ils bâtissent pour leurs rêves de solides sanctuaires
Et les poètes distribuent des âmes à pendre comme crémaillère

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

L’ombre d’Hector plane sur toi.

L’ombre d’Hector plane sur Troie
L’ombre d’Hector plane sur toi
Si Apollon lâche vraiment l’affaire
Arc et flèches en bandoulière
En deux cents ans un rêve s’opère
Mais la couronne qui la récupère
Depuis longtemps Cassandre s’est tue
Les chants sont éloignés et la terre perdue
Le père d’Ascagne à toutes les fuites s’est résigné
Voguer au loin toujours naviguer
Vers l’accomplissement d’un destin constitué
D’éternels abandons pour prix de la pérennité
Hier et demain ne sont que les piliers d’un pont qui est ouvert
L’œuvre qui s’accomplit ce jour surement un passage obligé
La marche d’un homme qui relie son printemps à l’hiver
Dans les marques de pas laissées par un ami évaporé

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Euphonia 2344

Sur la pointe des pieds dans un univers en lévitation
Un immense mobile de mots vole
Je l’imagine paroles en couleur comme une partition
A chaque mot des ballons voyageurs prennent leur envol

Le chœur est un peuple entier qui chante sa vie
Autour d’un mélodrame très vengeur des états d’âmes
D’un cœur tourmenté volcanique et souvent plein de larmes
Et qui règle ses comptes à coup de plume à coup de cris

La musique raconte la beauté encercle la laideur
Elle souligne les perfidies d’un coup de trait vengeur
Rappelant au son des cloches avec fierté sa filiation
Avec une douce liberté il n’y a point d’aliénation

Alors public voyageur tu te laisses emporter
Pour aller vers la fête de Gluck dans la curieuse Euphonia
Son accueil te promet un sommet de la xenia
Et tant que dure le rêve il est sans impureté 

Décalage d’univers rêves accomplis
Un parfum de nuit d’été sourit
Ce soir je lève mon verre à ta grande folie
Et dans ton sillage à tous ces féconds génies

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

« Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, »…

J’apporte ma terre à cultiver en des lieux ensemencés
En des lieux ensemencés de savoir de chants sous-jacents
Chaque jour et pour quelques temps encore j’apprends
Je suis l’ignorante dont la porte s’ouvre pour engranger

Je tire un fil au hasard et il me sort des milliers de possibilités
Ici Byron se découvre un peu là Lamartine remet de sa présence
Je récite en secret les mots qui traversent le temps et l’existence
Dans mon petit carnet sont les correspondances entre paroles et réalités 

Je transporte avec moi des livres dont la présence me rassure
Quelques mots familiers pour ancrer mes doutes et mes blessures
Des phrases que je connais par cœur pour stabiliser l’échange fertile
Et faire pour mon jardin un bon terreau dans le cœur de mon ile 

A chaque minute qui passe ma présence devient une évidence
Une place grandit pour moi dans cet espace d’une autre chance
Et bien que navigant au plus près sur l’océan des âges
Je ne crains pas d’être poussée vers de nouveaux rivages

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Être responsable de son état.

Personne n’est assez puissant pour te plonger dans le malheur
Personne n’est capable d’être la source inépuisable de ton bonheur
Tu es le seul à naviguer entre ton ego et la source de ton moi profond
Les seules barrières qui s’y trouvent s’élèvent à ton instigation

Et si tu penses que des autres ou de la chance viennent tous tes problèmes
Leur fréquence et leur répétition colère, haine, rancœur
Ou même les émotions positives qui tapissent les parois de ton cœur
Ce n’est pas juste c’est simplement la récolte de ce qu’en toi tu sèmes

Pour devenir responsable de ton être intérieur il faut t’armer de courage
De patience d’espoir et de bienveillance pour le véritable ami qui loge en toi
Aimer l’imperfection de cet être l’écouter et comprendre ses colères ses rages
Cesser de le protéger comme un être fragile il est capable de plus qu’on ne le croit

Publié dans Non classé | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Tu es poussière.

Ce n’est pas parce qu’elles ont des épines qu’on n’aime pas les roses
Ni parce qu’il pleut qu’on ne sort plus le nez de son repaire
Ni parce qu’il avait tout pour que tu ne l’aimes pas notre Berlioz
Que tu n’as pas chuté comme nous tous jusqu’à y perdre tes repères

Et toi l’amoureux du contrepoint de la ligne de chant limpide ou lumineuse
Ou dans les bras confortables de la triade classique viennoise  caressant ton génie
Tombé en requiem dès les premières mesures par un hasard de la vie
Tous les chemins te mènent à la solution économique élégante et curieuse 

Alors quand du fin fond de la poussière jaillissent des accents étonnés
Quand le poids des mots s’allège pour s’envoler vers ceux auxquels ils sont destinés
Les particules fines et brillantes s’élèvent à travers le chant sanctifié
Laissant des traces luminescentes sur tous ceux qui les ont écoutés

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Un train peut en cacher un autre.

Posée en ta maison logée entre deux confidences
Entre deux portes entre deux contretemps
L’un contrarié par l’outrageuse incertitude du présent
L’autre par côté où se trouve ta blanche présence 

Mais malgré l’anxiété malgré l’incertitude
Feu de tout bois peu importe la magnitude
Du tremblement qui s’opère un train peut sans complexe
En cacher un autre et parler de lui au passé par réflexe 

Virez-moi tous ces gens mais pas avant de les avoir nourri
D’une présence d’un sujet d’un témoignage d’amour passionné
Les confusions de compositeurs sont  des accidents passagers
Qui font sourire les affamés bienveillants prenant part au souci 

Fano parle comme un livre qui n’aurait pas demandé à être écrit
Si plein de savoirs qu’il déborde comme pourrait le faire un puits
Et le temps passe nébuleux flottant étrangement coopératif
Il sort des choses étranges d’un continuum sonore communicatif

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Comme aux chemins.

Comment quelqu’un d’aussi connecté que moi
Peut oublier de regarder sa boite de messages
Aussi quand elle porte au milieu des faux émois
Des publicités des riens un fabuleux présage
Il attend gentiment que les yeux s’y attardent
Et voilà pourquoi la réponse bien souvent tarde
Le destin attendait juste pour me faire sa venue
Que le contexte soit doré calme et musical
Inspiré par la nuit d’été et par un sublime festival
Pour concrétiser à mes yeux une nouvelle déjà connue
Belle nuit qui penche du côté de mon terrain de jeu
Une place grande belle où le son est heureux
Où donner de l’énergie conduit à se remplir tout entier
Où je ne cesse jamais d’avoir un espace en chantier
Et d’être émerveillée par la chaleur et la bienveillance
Qui sont les moteurs de mon voilier de référence
Au vent qui traverse mon âme pour récolter un peu d’amour
Et ressort par miracle à travers un petit détour
En produisant des sons graves des sons profonds
Je ne cesse jamais de dire merci je suis en admiration
Pour ce monde et ceux qui m’ont donnés les clés des portes
Qu’avec beaucoup d’efforts je continue à essayer d’ouvrir
Comme aux chemins où l’on passe beaucoup de temps à souffrir
Je monte toujours lentement avec constance je me sens forte
Je dépasse tranquillement ceux qui ne font plus d’efforts
Assis au bord du sentier ou redescendant jusqu’au port
Où s’ancrent les rêves des promenades passées des paysages morts
Car je sens qu’au bout du chemin souffle un vent constant et fort

Publié dans CARNET DE MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , | Laisser un commentaire