A peine un courant d’air.

A peine un courant d’air lecteur
Ton passage est si discret
La chaleur de ton regard savamment disposée
Sur un mot un autre mot tu digères mes secrets

Pas le bruit des feuilles
Pas de lourdeur sur te mains aucun recueil
Juste prises dans la toile de tes pensées
Les miennes qui se dispersent sans vent ni marée

Publié dans Non classé | Tagué , , | Laisser un commentaire

Rencontre en forêt.

Au bout d’un paysage un tout petit peu secret
Un étroit avenir jamais emprunté ensemble
Retenant notre souffle nos pas sans bruit il me semble
Nous avancions vers la vie dans un rythme discret

Entre deux arbres aussi beaux qu’immobiles
Se tenait toute une troupe camouflage subtil
C’était un peu dommage d’avoir oublié les focales
Preuves de nos forêts vivantes et animales

Nous aurions pu des heures contempler ces vestales
Fines élancées parées des couleurs de la flore locale
Mais ce qui nous appelle est un leurre puissant
Et le chemin toujours nous ramène dans le rang

Publié dans Non classé | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Fadeur et boniment

Pour être juste là dans un recoin de pensée
Une personne de plus pour partager un peu d’espace
Juste présente mais sans occuper beaucoup de place
Avec dans ma poche un petit morceau de forêt
Forcément les paroles des religieux très peu m’inspirent
Tous ces prêchiprêchas sont si loin de ce que je respire
Je sens sous leur sang l’hypocrite pouvoir des biens pensant
Cortège de rituels volés à des justes d’un autre temps
Et pourtant j’apprends plus de choses en une heure qu’en cent
Et par delà la mort qui scelle le destin d’un atroce point final
L’amitié forte et véritable luit vivante comme sur nuit le fanal
Farouche féroce puissante elle déferle vague des puissants
Et je pense qu’il n’y a sans doute pas de mots pour le survivant
Aucun mot aucun acte tout n’est que fadeur et boniment

Publié dans CHAGRINS PARTAGES, Non classé | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Ce qu’on peut faire avec des mots…

Ce qu’on peut faire avec des mots c’est fou
Les mots ça sert à se forger un avenir à cultiver son passé
C’est utile pour défendre à bon dosage ses idées
Mais il est parfois futile de se mettre debout
Pour étudier un mot plus haut que les autres
Alors qu’au fond tout le monde se vautre
Dans des dédales de mots fourre-tout
Les mots parfois vous poussent à bout
Loin de moi l’idée de poser un mot de travers
S’il le souhaite qu’il reste la tête à l’envers
Je préfère qu’il ne soit pas le mot de trop
Celui qu’on regrette d’avoir dit un peu fort
S’il en est ainsi beaucoup de mots ont tort
Les mots à déchoir sont les couloirs des dicos
 Il était beau celui reçu tout à l’heure
Les téléphones écrivent maintenant du bonheur
Il y en avait plusieurs des mots et bout à bout
Il formait pour mon inspiration de belles phrases
Alors j’ai répondu avec beaucoup d’emphase
Et j’ai donné temps amitié confiance c’est tout

Publié dans Non classé | Tagué , , , | 3 commentaires

Un an

Un an déjà que ton souffle s’est éteint le temps est passé sur mon chagrin
Un an pour rallumer les espoirs dans la paume de nos mains
Pour affranchir le rire et l’envie de danser sur ton chemin de croix
Pour choisir la vie que tu aurais eue si ça n’avait pas été toi
Peu de mots sont sortis de ma plume pour évoquer ton destin
Anonyme spectateur ni pour célébrer ton courage ni pour chanter ma douleur
La peur des amalgames d’embarquer le jugement dans les lits de terreurs
A condamné la plume à dissimuler à s’écarter des grands chemins
Un an après il n’y a plus de colère seulement de l’amertume
Nos enfants de la patrie échoués aux califats des barbares coutumes
Nos enfants assassinés sur fond d’ignorance et de rage stérile
Un monstre a pris en main l’éducation des masses avec perfidie
Il a rempli le blanc de l’échec que notre société a construit
Et les mesures de guerre ne feront rien pousser sur ce terreau fertile
Un an pour laisser à la terre de la ville le temps d’absorber ton sang si pur
Client joyeux qui célébrait la vie à la terrasse d’un café parisien
Je n’ai pas encore compris comment on peut réveiller autant l’obscur
Et ravir d’un trait ton âme comme si elle comptait pour rien
Quand viendra-t-il encore déguisé derrière des palabres de faux prophète
Le terroriste sans âme manger mes frères de son féroce appétit d’ignorant
Communier son idéal aux dépens de nos entrailles dans le sang
Dérangé dans ses tréfonds par le flux constant de notre plus belle fête
Les cent têtes de l’Hydre repoussent plus vite que notre impuissance
L’ennemi invisible est abstrait protéiforme et sans conscience

Publié dans Non classé | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Une petite famille complémentaire

J’ai une petite famille complémentaire
Une petite réunion de gens qui sont tout à leur affaire
On se parle un peu beaucoup des fois de nos misères
Mais on passe très vite à d’autres hémisphères
Certains sont jeunes et beaux et rient comme les enfants qu’ils sont
Certains sont cabossés par les années qui leur ont mis du plomb
D’autres nagent probablement entre deux âges
J’ai une petite famille avec laquelle je partage
Un univers sacré des paroles d’un autre langage
J’ai une petite famille qui est belle comme une image
Hier soir encore sous les lumières avec nos beaux habits
Nous avons pu montrer aux gens comme nous étions unis
Et parler avec eux de danses d’un autre âge
Et leur chanter un peu l’essentiel de notre voyage
Tous attentifs à compter nos paroles pour les poser au bon endroit
Tous attentifs à soigner notre souffle pour offrir un air chaud et adroit
Qu’ils étaient doux et moelleux les tapis de notes retenues
Voiles discrets des entrechats pour qu’ils se sentent moins nus
Et si certains manquaient comme un adorable grand-père
Nos cœurs ont déroulé son chant comme un repère
J’ai une petite famille où le nombre compte pour pas grand chose
Chacun fait de son mieux pour paver des sentiers de roses
Et le temps passé ensemble nous donne tant de récompense
Que nous n’oublions pas de profiter de notre chance

Publié dans MA VIE EN MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Après (Paris 2016)

Le son vient de partout à la fois
Qu’il est difficile de faire un choix
Entre l’excellent et le sublime
Qu’il est difficile de ne pas se briser sur l’abîme
De nos imperfections et de nos craintes
De ne pas se perdre dans notre médiocrité
Il faut investir encore des pas sur cette terre sainte
Essayer de semer sur notre quotidien désenchanté
Un peu de cette poudre magique qui flottait sur l’air
Et ne pas oublier de bien s’ancrer dans la terre
Distillant dans nos mémoires le souvenir de nos pairs
Ces phares géants qui entourent des plus beaux repères
Nos chemins tortueux nos errances passagères
Comme ils sont longs les lendemains qui nous séparent
Les uns des autres nos vies se délitent et s’égarent
La nostalgie pourrait chavirer nos âmes traversières
Nous nous aimons si fort et d’un son si puissant
Mais le travail fabuleux toujours omniprésent
Nous lie par les mêmes fils jusqu’au prochain tournant
Demain nous serons à nouveau accordés au même chant

Publié dans MA VIE EN MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Au bord de l’étang.

img_5952

Pour dépeindre les insondables mystères
Reflets qui se dissipent au moindre souffle d’air
Certains savent poser comme un cadeau du ciel
Les couleurs issues des plus beaux arcs-en-ciel
Un regret de ne pouvoir que parler de l’eau qui se fait un miroir
Sous un ciel bleu de rêve et blanc de nuages étirés
Et pour faire une œuvre dans un coin de ta mémoire
Que tu saches le spectacle auquel j’ai assisté
Il faudrait ne pas oublier de te dire la ligne d’horizon
Sapins et feuillus verts sur tous les tons
Et quelques joncs poussés dans une roselière
Qui abrite au printemps les amours poissonnières
Il ne faudrait pas que j’oublie de te raconter la lumière
Et les odeurs de frais sur ce matin d’automne
Les arbres à l’envers dans l’eau et qui frissonnent
Un endroit si magique que tu croirais que j’exagère
C’est pourquoi au détour d’une vision sublime
Il est bien plus facile de prendre des images
Aucun mot ne peut rendre tout ce qui m’anime
A l’instant si précieux où je m’incruste dans le paysage
Je partage et tu cesses de croire que j’imagine
La puissance des lieux que mes mots te dessinent

Publié dans GAIA, Non classé | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La Côte Flûte Festival 2016

Un parfum particulier flotte ici de travers
Les odeurs acidulées se déclinent dans tous les tons
Bulles échappées d’un aquarium imaginaire
Où nagent tous ensembles de bien curieux poissons

A l’heure d’écouter les sons que l’on respire
On attrape un peu plus que le doux fond de l’air
Les miroirs suspendus où nos âmes se mirent
Sont de longs tubes ronds touchés par des experts

Monde parallèle entre deux temps
C’est ici qu’il fallait être absolument
Tu es venu et tu as entendu chanter la vie
Avec un peu de chance tu as pu parler à mes amis

Publié dans MA VIE EN MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

De bonne heure toujours un peu plus loin
Chaque sentier est choisi avec soin
On entend rire les feuilles volubiles
Accompagnant la douleur dans une joie qui se distille
Tout debout contre une rafale de vent
La canne ne fait plus partie de l’équipement
Oubliée d’un pas sûr conduisant vers le présent
Sur tout chemin et par tout temps
Debout et forte contre le vilain sort
Elles sont très belles ces boueuses chaussures
Prêtes à accompagner jusqu’au bout  les efforts
Traçant dans la joie des empreintes pour le futur
La pluie lave constante la silencieuse offense
Elle reviendra très vite la délicieuse revanche
Chaque avancée s’impose avec une belle insolence
Un jour après l’autre une nouvelle tranche
De chemin gagné avec une volonté féroce
Immobile destin l’heure n’est plus à ton carrosse
Patience ami sournois ce n’est pas pour demain non plus
Chaque jour un peu plus loin les efforts continuent

Publié dans Non classé | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

La Grenouille

Un reste de pluie
L’ornière au bord du chemin
La grenouille plonge

Publié dans HAIKU, Non classé | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Happy Birthday Connor

Au milieu des fumées grises
Quand le bruit des tours ce grand fracas
Quand le monde devenait l’hiver de mes hantises
Et incertain le chemin commun de nos pas
Quand devant nos fenêtres inactives
Nous regardions mourir des innocents dans le plus grand effroi
Alimentant l’horreur par nos visions passives
De la stupidité de ce trop plein de mauvaise foi
Quand l’enfer à nos pieds étalait sa puissance
Changeant à tout jamais le rapport des offenses
Tu vins nous rappeler que la nuit n’est jamais complète
Que la lumière surgit d’abord faible et secrète
Que les ciels les plus purs
Se font sur les nuits les plus obscures

In the middle of grey smokes
When the noise of towers this huge crash
When the world became the winter of my obsessions
And uncertain the common way of our steps
When in front of our inactive windows
We watched innocents dying in the biggest dismay
Feeding the horror by our passive visions
Of the stupidity of this excess of wrong faith
When hell in our feet spread its power
Changing forever the ratio of the offenses
You came to call back us that the night is never complete
That the light arises at first low and secret
That the purest skies are made on the darkest nights

Publié dans FAMILLE, Non classé | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Une autre langue.

Le chant que fait la langue est une image abstraite
Une odeur un souvenir un espoir qui se prête
Un mot ou deux pour se comprendre
Il est temps maintenant de se  mettre à apprendre
Les mots utiles et les mots secrets
Ceux qui se jardinent dans des livres fermés
Il est l’heure d’élargir encore un peu la pensée
D’approcher sous un autre angle les émotions dispersées
Il est temps de sentir  à nouveau dans la bouche le froid
Des hivers infinis des balalaïkas des costumes colorés
Le goût de l’ambre et de ses mystérieux reflets
De comprendre que tout reste toujours logé au bon endroit
Ni le temps ni l’oubli n’efface les phrases qui s’ancrent
Quelle que soit la langue dans laquelle tu trempes ton encre
Il suffit de chatouiller l’esprit et sans forcer le son
Les paroles affluent riches et sur tous les tons
Ô le son que font les langues
L’envie de lire à voix haute jusqu’à ce que tout tangue
Les vieilles formules jamais effacées
Les manuscrits chargés de très belles mémoires
L’envie d’aller chercher dans un autre répertoire
Des coutumes secrètes des conseils avisés

Publié dans Non classé | Tagué , , , , , , | 2 commentaires

Encore En.V.I. ?

Posés sur un bout de ciment
Abrités par plus de cinq cents ans
On entend plus que des cœurs qui raisonnent
Ils sont beaux et brillants
Et quelles que soient leurs lignes de chant
Il est bien évident qu’à l’unisson ils sonnent
C’est un cadeau du temps
Quelque chose de savant
Mais qui ne fonctionne qu’avec un peu d’émotion
Des fils invisibles qui s’actionnent
Ordonnés par la volonté de personnes
Qui savent sortir de leurs conditions
Assis entre deux mondes
Il n’y a ni spectateur ni musicien
Le cœur s’aligne sur toutes les ondes
Le son est fait de tout ce qui se tient
Passé présent et avenir se mélangent
Les sons sataniques font des propositions étranges
Les vibrations se propagent dans cavernes de ventres
Portes ouvertes sur de diaboliques antres
Le son parle à l’esprit et l’esprit au corps
Le son agite le corps et provoque l’esprit
Agrégat symbolique où tous s’incorporent
Un minute une heure ou un temps infini
Après il faut reprendre les sentiers de l’identité
L’être unique rejoint sa demeure son quartier
Resserre d’un quart de tour ses barrières mentales
La transition ne peut se faire sans perdre quelques pétales

Publié dans MA VIE EN MUSIQUE, Non classé | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

L’En.V.I.

Ils sont parfois discrets parfois extravertis
Parfois professionnels parfois juste des aimants endurcis
Taillés dans le bois le métal ou d’autres fournisseurs de bruits
Ils sont le son qui coule sous les Halles près ton logis
Certains transmettent  leurs notes partages d’érudits
D’autres écoutent et travaillent étudiants avertis
 
Ils regardent pendant des jours dans la même direction
Celle d’Eric qui conduit le groupe jusqu’à la perfection
Pour t’accorder au beau au cœur des plus belles fêtes
 Et remplir les espaces brillants de ton âme secrète
Ils aiment donner de leur temps pour remplir les esprits
De murmures discrets ou de triomphantes sonneries
 
Ils déroulent des tapis de notes douces pour solistes avertis
Ou trouvent des joyaux nouveaux et les rendent bien polis
Ensemble au vent qui les porte les sublimes créations
Font une matière vivante  une caresse de vie
Quelque soit le lieu le temps ou la session
Leur jeu est avant tout une promesse d’En.V.I.

Publié dans Non classé, VOUS M'AVEZ DEMANDE D'ECRIRE | Tagué , , , , | Laisser un commentaire