Au bout du tunnel.

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Comme au bout du tunnel où après avoir longtemps espéré
Revoir un paysage vert un ciel bleu un colline un champ de blé
Aveuglé ébloui par la lumière soudaine tu ne peux qu’imaginer
Les sujets de tes rêves tes espoirs profondément engrangés 

Il faut un peu de temps après avoir été longuement cantonné
Dans un clos rassurant et porteur d’illusoires sécurités
Avant de mettre un pied dehors comme si de rien n’était
Avant que l’insouciance se tisse derrière nos masques étonnés 

Mais un jour la faim de nature fait reprendre les chemins oubliés
Le corps et l’esprit réclame l’air pur le large les folles échappées
Tout à coup l’énergie se déploie et fait tomber les murs
Deux éclats de lumière et c’est la fin d’un long printemps obscur

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Forêt.

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Je respire dans le cœur de mes livres l’odeur de la forêt,
La mémoire de l’arbre dont la matière s’est abandonnée
Aux caprices des hommes.  Je n’ai que faire des mots, des idées :
Je fonds dans la matrice, la fibre, l’origine, ce qui te crée. 

Douce liberté d’aller épier le renard aux aguets
Où t’es-tu cachée ?  Dans chaque recoin de ma mémoire
S’ouvre une cloche de muguet,  le besoin de cueillir des histoires
De pieds qui glissent dans la boue, d’erreurs de sentiers. 

J’ai faim d’aller me faire emporter, entre deux gros bras verts,
Et d’exulter de joie à la vue de toutes les surprises entrelacées
Que tu ne manques jamais de m’offrir, quand, sous le bon côté de l’air,
Je n’ai pas trop signalé ma présence silencieuse et désintéressée.

Je loge en ma petite tête ces quelques milliers d’hectares,
Ces champs si bons à rien que la nature en a fait une victoire.
L’atavisme triomphant lie mes envies à des besoins inavoués :
Je suis de ces sorcières qui transformaient les simples en thés. 

Recluse en ma demeure, je garde au ventre mon itinéraire.
Ma première randonnée est pour bientôt au secret sanctuaire.
Forêt, petite forêt, tes racines rampent et glissent sous ma maison.
Le manque de ton odeur finirait, sans doute, par noyer ma raison.

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Chant silencieux du mois de mai.

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Au mois de mai qui toque à ma porte
Ce n’est que la pluie le vent qui s’emporte
Vilaine année tu gommes les souvenirs joyeux
Du chant qui s’offrait contre quelques œufs
 
Pas de sésame au jardin à peine quelques boutons
L’amoureux isolé est enfermé dans sa maison
Pas de baiser discret que des regards moroses
Dans mon jardin personne n’a pu cueillir trois roses

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Confinement.

Perdu le compte des jours le temps qui passe ne nous atteint plus
Nous ne sommes plus entre deux rendez-vous entre deux aperçus
Nous glissons dans un flot de temps moelleux et sans bords pointus
Aux brumeuses conditions d’une rétention  sans terme échu 

A la succession de phases imprécises  des objectifs étranges ou incongrus
Se greffent sur l’activité recluse des silences étranges aux contours flous
Décor d’ennui  routine monotone il y a des jours où la douceur de ton pilou
Ne lève pas l’angoisse d’être confiné loin d’un univers qui semble disparu 

Mais d’autres bourgeonnent comme un printemps d’idées une effervescence
Capitule corymbe spadice tu n’as de cesse d’inventer de nouvelles inflorescences
Pour décorer la vie des autres magnifiant le réseau social le décantant de sa boue
A ton contact les dégénérés sont un terreau fertile ta création une forêt de bambou

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Il faisait noir.

Te revoilà petit détour de mot qui passe par hasard au soir immobile
Qui passe par hasard et regarde au travers de mon cerveau débile
Une lumière qui s’allume il faisait noir depuis longtemps
Il faisait noir de fatigues de graviers de poussières pauvre printemps 

Et le vent a soufflé un instant mais ça n’a pas suffit pour raviver tes braises
La patience posée sur un rebord de fenêtre inutile une fenêtre sans vue
Découpait des mailles de chaînes difformes fabriquait des entraves à mon insu
Mais tu t’es tapie dans un endroit secret de l’être attendant que la tempête s’apaise

Et te voilà nocturne promeneuse enchanteuse de mes nuits
Projetant tes rayons comme des phares amers qui guident mes ennuis
Et te voilà puissante comme jamais affamée d’écriture d’enfants et de projets
De réflexions profondes de bruits que fait la vie tout se diffuse tout est nouvel objet

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Un fille de printemps.

 

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Surprise lumineuse dans un avenir monotone
Le jardin s’est paré d’une tenue monochrome
Enchâssé profond dans chaque branche au réveil
Un diamant déploie toutes ses facettes au soleil

La menace d’hiver n’est qu’une gentille merveille
Une fille de printemps qui danse dans sa robe blanche
Un éclat de rêve perdu du sommeil qui s’épanche
Et s’évaporera en fumerolles au soleil qui s’éveille 

Bout de nature promu par hasard au rang de forêt
Tu donnes à mon équilibre une nouvelle mission
Trouver dans ta beauté les milles visages secrets
Qui s’offrent chaque jour à titre de compensation

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Les murs s’effacent…

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Les murs s’effacent aux mots qui se posent
Aux notes qui s’envolent aux crayons qui se placent
A tout ce qui germe quand les graines se déposent
Dans les espoirs vagabonds dans les traits qui s’espacent 

Je voudrais que tu contemples comme s’il était nouveau
Mon vieil intérieur et ses contours sans trace
Le jour est une nuit de silence où l’étranger trépasse
La vie un jeu sans notice pour servir de pivot 

Déjà l’heure est passée sans perdre une once de patience
Tant de fleurs ont rêvé leur chemin jusqu’au printemps
Tant de messages sont parvenus jusqu’à mon insouciance
Que sous mon masque dégoulinent des possibles contretemps 

Après la fraicheur se profilera l’été puis l’automne puis l’hiver
Un jour nous serons libres de rêver l’ailleurs sans ton absence
D’aller cueillir les fruits communs aux pieds des arbres verts
Et de faire circuler des brassées d’air sans créer de nuisance

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Printemps de poète.

Le couvercle se soulève les envies se pressent
La lumière à nouveau irradie la sphère
Le cercle comme un arc-en-ciel dit l’éphémère
Le repos salvateur dessine de nouvelles tresses 

Belle clarté lumineuse aux odeurs d’herbe mouillée
Le printemps se réveille dans le vase clos et fermé
La plantule pousse quelques racines douces sur le décor
S’incruste dans l’anfractuosité minérale projetant un trésor

Que tu sois terre fertile à l’orée du bois ou petit gravillon
Tout espace offre bel asile aux folles créations
Un peu de répit et le chemin du cœur est sentier de passion
Et la marche immobile plus aérienne qu’un vol de papillon

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Compter.

Les compteurs laissent glisser l’avenir devant eux
Compteurs de messages qui seront déchiffrés
Lorsque la chute exhalant son atmosphère soufrée
Sortira l’esprit de sa torpeur hallucinée états ébrieux 

Compter les kilomètres qui nous séparaient des incertitudes
Plongeant toute une planète dans une drôle de solitude
Un état second pour tant de secondes de mondialisation
Maquillant les hypothèses réelles en collectives hallucinations

Compter les mots prononcés avec imprudence
Au fil des jours dans le chaos perdant leur douce innocence
Compter les espérances qui ne furent jamais reçues
Les manques de chances les promesses déçues 

Compter les faux-pas les espaces incertains où se sont incrustés
Tant de vivants poussant aux extrêmes leur meilleur ou leur pire
Tant de morts surpris par leur soudain dernier soupir
Compter les occasions perdues et les vies dévastées 

Compter le temps qui passe compter les matins et les soirs
La liberté offerte fumée purifiante en vacillants encensoirs
Compter les pensées qui circulent sans couvercle ni véto
Et qui sont ridicules ou bercées de nombreux idéaux 

Compter les baisers empoisonnés et ceux offerts au vent
Les galères infernales et tous les bons moments
Et le temps qui nous promène comme des somnambules
Dans nos espaces clos chacun enfermés dans nos bulles

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Temps de partage.

Comme toujours en ces moments d’attente
Je récupère la part de temps manquante
Je travaille à ci ou ça avec un livre ou sur mon téléphone
Je peux être en silence au centre du monde qui sonne
Sous ma bulle à voile fin isolée et pourtant aux aguets
Je suis coupée du monde et pourtant ultra connectée 

Elle arrive de nulle part je ne connais d’elle que son prénom
Elle s’accroupit devant moi et je laisse filer mes occupations
Elle ne pose pas de questions elle est venue parler de sa vie
De ses victoires de ses erreurs et de ses trop nombreux soucis
Elle dit le mal la douleur les chairs meurtries et l’âme en vrac
Elle dessine la couleur de son esprit sous un angle éclairé
Elle parle des flots de lumières qui un jour l’ont traversée
Cela dure longtemps je ne prends rien je laisse filer tout à trac
Je la regarde déverser son histoire filante cascade d’eau illuminée
Comme une petite fontaine de quatre sous en circuit fermé
Je l’écoute autant que je peux je l’écoute je l’écoute
Elle se relève me souhaite un bon concert et part sur sa route 

Une voisine ébahie me jette un regard étrange
Et un silence chargé où pourrait bien passer des anges
Qu’est-ce que tu lui as fait je ne l’avais jamais entendu parler
Ce n’est pas moi c’est la flûte elle se voyait dans son reflet

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Ces mains qui tremblent…

Ces mains qui tremblent incontrôlables
Ce ne sont pas les miennes
Tapie dans l’ombre comme une proie inexorable
Des reflets sombres de mes peurs anciennes
Je contemple mon passé à la lueur de l’instant présent
Je sais l’orage qui traverse ton moment
Je sais ce qui jaillit comme un volcan en éruption
Sans prévenir alors qu’on croyait dominer la situation
Je connais le nom de la bête noire
Qui réclame dans la lumière sa plus grande part

Pour une  seconde une araignée se loge dans mon ventre
Je ne lutte pas j’éclaire sa scène j’aménage son antre
Elle dit qu’elle est seule que le lieu est nouveau et qu’elle a mal aux pieds
Nous avons beaucoup travaillé j’ai mis une partition pour te rassurer
Mais ces gens comptent sur toi seras-tu assez forte
Pour tracer le long fil et toutes les notes qu’il comporte 

Oui rentre dans ta maison ce n’est ni ton heure de gloire
Ni même celui d’une possible défaite
Juste un petit moment d’amour de musique et de fête
Cultivé pour des amitiés anciennes ou naissantes d’espoir
C’est le même sentier que celui que nous empruntions ce matin
Un pas après l’autre nous avons fait beaucoup de chemin

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Un coup pour rien.

Il me fallut longtemps avant de comprendre ses allusions perfides
Longtemps avant d’en saisir le caractère et les sonorités acides
Longtemps avant de laisser monter jusqu’à des ailleurs partis
Les propos désolants ne générant aucune souffrance aucun crédit
C’est pourquoi sans arrière pensée au compliment j’ai dit merci
Puis la voyant patauger dans sa mare sans fond j’ai enfin saisi
La moquerie comme une marée qui monte à intervalles bien définis
Mais c’est plus fort que moi maintenant chaque fois je l’oublie

Pesant de tout mon poids sur mon bonheur ancré dans la chance
De ces liens qui nous unissent contre vents marées et déshérences
Ma moitié soudain rajoutant du grotesque à la désobligeance
Assomme d’un degré supérieur l’étrange volubile à coup d’intelligence
La passe est rapide la bêtise débusquée et consumée sur place
Mon allié est fin engage son humour et tourne le miroir vers l’autre face
J’examine sans indulgence mon compteur d’angoisses et d’incertitudes
Rien n’a bougé tout nage dans le calme vertueux des belles habitudes

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Manque de Sagesse.

Dans ton antre quelques notes comme des graines
Au piano silencieux tes mains dessinent ailleurs
Ce que la vie oblige à faire pour gagner quelques heures
De vie dans les recoins où elle nous entraine
Dans ton antre Sagesse sur ton territoire en ton absence
Où se tiennent les visages qui peut-être savent leur chance
De te connaitre j’ai trop mangé de ton inconsistance
Du manque de ton amitié fine saupoudrée d’accords parfaits
Trop soufflé ailleurs que sur l’expression de tes silences
Trop vécu sans ton chant dans ce présent imparfait
Sans tes doigts je ne suis qu’une ligne aux parfums évaporés
Un fil de sons qui ne s’étire que pour se faire déposséder
De son sens profond un râle un frémissement vide de sens
Le vent flûté n’est presque rien sans ton essence
Qu’un murmure qui s’échappe d’une hauteur déterminée
Une lamentation qui dit mais où donc es-tu passée
Je suis allée vers eux parce qu’ils m’avaient appelée
Mais ils étaient comme moi c’est toi qu’ils attendaient

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Faites comme si c’était facile…

De sa source à l’embouchure le flot large emporte
Au fil du Rhône les tempi les ballades et les notes
Glissando impatient sous brillantes escortes
Partitions décorées de figures de mots ils annotent 

Les mouvants musiciens siffleurs de sons acidulés
Dessinent de petites lunettes symbole d’attention
Des horizons des traits courbes et d’autres ondulés
Langage mystique messages chargés de secrètes passions

Faites comme si c’était facile dit l’homme à bras libres
Au bout de ses doigts vacillent de nombreux équilibres
Certains fébriles fragiles destinés à se fondre dans le silence
D’autres puissants et considérables  magiques d’opulence 

De sa bouche aux embouchures source large qui transporte
Les gens d’ici et les gens de loin vers un centre sonore
Avec tout ce qu’ils prennent et tout ce qu’ils apportent
Ne serrant pas leur cœur en de sombres coffres-forts 

Et le fleuve tranquille ne s’en sait pas l’objet
Aux travers des flûtes ne sait qu’être un miroir étonné
Et le son glisse sur l’eau sans faire de ricochet
Et les humains s’éparpillent quand le concert est terminé

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J’aime le vent fort…

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J’aime le vent fort qui souffle régulier sans rafale
Sur les crêtes aux têtes d’arbres ébouriffées
La robe blanche des montagnes splendeurs virginales
Lorsque l’hiver fait semblant de vouloir se marier
Les piquets de bois qui bordent les chemins de randonnées
Guidant les pas plus sûrs que des panneaux identifiés
Et le temps qui ralentit jusqu’à la mesure d’un pas d’humain
Et les idées qui s’ordonnent en propositions pour demain
J’aime les mots qui jaillissent entre deux exclamations
Ce qui s’écoute ou qui  s’admire glissant dans la même direction
Être pour de vrai pour un instant le maître d’un monde
Une vallée de chaque côté au bout de chaque main
Et savoir ne l’être finalement que pour une seconde
Aucun titre ne sera gravé sur un vieux parchemin

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