L’ennemi est le temps.

En fin d’été discret à bords de plume émoussés
S’engrange la moisson solitaire qui distribue peu
A l’automne sec qui s’annonce par trop silencieux
La récolte est pleine laissons la nostalgie se trémousser

Toujours à l’ouvrage dans sa calebasse durcie
L’esprit mou tout azimut définit ses nouvelles explorations
Au travers des sens affairés il dépasse ses horizons
Projette ses nouveaux savoirs inutiles en catimini 

En toute saison toujours les projets s’accélèrent
L’ennemi est le temps qui resserre ses filets
Le loisir ce choix faux et dûment contrôlé
N’est qu’un espace ridicule cerné par une sphère

Donnez-nous le temps sans borne le temps de croire
Le temps de poser chaque objet sans obligation méritoire
Sans risque de butoir sans récompense et sans punition
Non pas l’oisiveté mais tout un espace pour la création

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Un très grand cheval.

J’ai croisé dans la nuit ça peut paraitre anormal
Coincé entre un mur et des déchets un immense animal
Au pelage de bois à l’allure fière un très grand cheval
Relief habité des mes souvenirs d’un festival 

Et même si l’abandon se veut très temporaire
Une étoile reflétait dans son œil ou bien un lampadaire
Je ne sais plus un regret désolé de l’absence des vraies lumières
C’est loin quand on y pense tous les brillants d’hier 

Au départ la tête et le corps creux juste bon pour la poussière
Mais le vent sans désaccord a déposé le temps et la mesure
Ce qui est vit dans les idées au grand jour dans les pensées obscures
En toute circonstance ton esprit végétal n’a pas déserté la matière 

Certains construisent des murs ou de grandes barrières
D’autres n’ont pas le temps de poser des frontières
Ils bâtissent pour leurs rêves de solides sanctuaires
Et les poètes distribuent des âmes à pendre comme crémaillère

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L’ombre d’Hector plane sur toi.

L’ombre d’Hector plane sur Troie
L’ombre d’Hector plane sur toi
Si Apollon lâche vraiment l’affaire
Arc et flèches en bandoulière
En deux cents ans un rêve s’opère
Mais la couronne qui la récupère
Depuis longtemps Cassandre s’est tue
Les chants sont éloignés et la terre perdue
Le père d’Ascagne à toutes les fuites s’est résigné
Voguer au loin toujours naviguer
Vers l’accomplissement d’un destin constitué
D’éternels abandons pour prix de la pérennité
Hier et demain ne sont que les piliers d’un pont qui est ouvert
L’œuvre qui s’accomplit ce jour surement un passage obligé
La marche d’un homme qui relie son printemps à l’hiver
Dans les marques de pas laissées par un ami évaporé

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Euphonia 2344

Sur la pointe des pieds dans un univers en lévitation
Un immense mobile de mots vole
Je l’imagine paroles en couleur comme une partition
A chaque mot des ballons voyageurs prennent leur envol

Le chœur est un peuple entier qui chante sa vie
Autour d’un mélodrame très vengeur des états d’âmes
D’un cœur tourmenté volcanique et souvent plein de larmes
Et qui règle ses comptes à coup de plume à coup de cris

La musique raconte la beauté encercle la laideur
Elle souligne les perfidies d’un coup de trait vengeur
Rappelant au son des cloches avec fierté sa filiation
Avec une douce liberté il n’y a point d’aliénation

Alors public voyageur tu te laisses emporter
Pour aller vers la fête de Gluck dans la curieuse Euphonia
Son accueil te promet un sommet de la xenia
Et tant que dure le rêve il est sans impureté 

Décalage d’univers rêves accomplis
Un parfum de nuit d’été sourit
Ce soir je lève mon verre à ta grande folie
Et dans ton sillage à tous ces féconds génies

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« Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, »…

J’apporte ma terre à cultiver en des lieux ensemencés
En des lieux ensemencés de savoir de chants sous-jacents
Chaque jour et pour quelques temps encore j’apprends
Je suis l’ignorante dont la porte s’ouvre pour engranger

Je tire un fil au hasard et il me sort des milliers de possibilités
Ici Byron se découvre un peu là Lamartine remet de sa présence
Je récite en secret les mots qui traversent le temps et l’existence
Dans mon petit carnet sont les correspondances entre paroles et réalités 

Je transporte avec moi des livres dont la présence me rassure
Quelques mots familiers pour ancrer mes doutes et mes blessures
Des phrases que je connais par cœur pour stabiliser l’échange fertile
Et faire pour mon jardin un bon terreau dans le cœur de mon ile 

A chaque minute qui passe ma présence devient une évidence
Une place grandit pour moi dans cet espace d’une autre chance
Et bien que navigant au plus près sur l’océan des âges
Je ne crains pas d’être poussée vers de nouveaux rivages

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Être responsable de son état.

Personne n’est assez puissant pour te plonger dans le malheur
Personne n’est capable d’être la source inépuisable de ton bonheur
Tu es le seul à naviguer entre ton ego et la source de ton moi profond
Les seules barrières qui s’y trouvent s’élèvent à ton instigation

Et si tu penses que des autres ou de la chance viennent tous tes problèmes
Leur fréquence et leur répétition colère, haine, rancœur
Ou même les émotions positives qui tapissent les parois de ton cœur
Ce n’est pas juste c’est simplement la récolte de ce qu’en toi tu sèmes

Pour devenir responsable de ton être intérieur il faut t’armer de courage
De patience d’espoir et de bienveillance pour le véritable ami qui loge en toi
Aimer l’imperfection de cet être l’écouter et comprendre ses colères ses rages
Cesser de le protéger comme un être fragile il est capable de plus qu’on ne le croit

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Tu es poussière.

Ce n’est pas parce qu’elles ont des épines qu’on n’aime pas les roses
Ni parce qu’il pleut qu’on ne sort plus le nez de son repaire
Ni parce qu’il avait tout pour que tu ne l’aimes pas notre Berlioz
Que tu n’as pas chuté comme nous tous jusqu’à y perdre tes repères

Et toi l’amoureux du contrepoint de la ligne de chant limpide ou lumineuse
Ou dans les bras confortables de la triade classique viennoise  caressant ton génie
Tombé en requiem dès les premières mesures par un hasard de la vie
Tous les chemins te mènent à la solution économique élégante et curieuse 

Alors quand du fin fond de la poussière jaillissent des accents étonnés
Quand le poids des mots s’allège pour s’envoler vers ceux auxquels ils sont destinés
Les particules fines et brillantes s’élèvent à travers le chant sanctifié
Laissant des traces luminescentes sur tous ceux qui les ont écoutés

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Un train peut en cacher un autre.

Posée en ta maison logée entre deux confidences
Entre deux portes entre deux contretemps
L’un contrarié par l’outrageuse incertitude du présent
L’autre par côté où se trouve ta blanche présence 

Mais malgré l’anxiété malgré l’incertitude
Feu de tout bois peu importe la magnitude
Du tremblement qui s’opère un train peut sans complexe
En cacher un autre et parler de lui au passé par réflexe 

Virez-moi tous ces gens mais pas avant de les avoir nourri
D’une présence d’un sujet d’un témoignage d’amour passionné
Les confusions de compositeurs sont  des accidents passagers
Qui font sourire les affamés bienveillants prenant part au souci 

Fano parle comme un livre qui n’aurait pas demandé à être écrit
Si plein de savoirs qu’il déborde comme pourrait le faire un puits
Et le temps passe nébuleux flottant étrangement coopératif
Il sort des choses étranges d’un continuum sonore communicatif

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Comme aux chemins.

Comment quelqu’un d’aussi connecté que moi
Peut oublier de regarder sa boite de messages
Aussi quand elle porte au milieu des faux émois
Des publicités des riens un fabuleux présage
Il attend gentiment que les yeux s’y attardent
Et voilà pourquoi la réponse bien souvent tarde
Le destin attendait juste pour me faire sa venue
Que le contexte soit doré calme et musical
Inspiré par la nuit d’été et par un sublime festival
Pour concrétiser à mes yeux une nouvelle déjà connue
Belle nuit qui penche du côté de mon terrain de jeu
Une place grande belle où le son est heureux
Où donner de l’énergie conduit à se remplir tout entier
Où je ne cesse jamais d’avoir un espace en chantier
Et d’être émerveillée par la chaleur et la bienveillance
Qui sont les moteurs de mon voilier de référence
Au vent qui traverse mon âme pour récolter un peu d’amour
Et ressort par miracle à travers un petit détour
En produisant des sons graves des sons profonds
Je ne cesse jamais de dire merci je suis en admiration
Pour ce monde et ceux qui m’ont donnés les clés des portes
Qu’avec beaucoup d’efforts je continue à essayer d’ouvrir
Comme aux chemins où l’on passe beaucoup de temps à souffrir
Je monte toujours lentement avec constance je me sens forte
Je dépasse tranquillement ceux qui ne font plus d’efforts
Assis au bord du sentier ou redescendant jusqu’au port
Où s’ancrent les rêves des promenades passées des paysages morts
Car je sens qu’au bout du chemin souffle un vent constant et fort

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Берлиоз на берегах Невы.

Sous les yeux de bronze du cavalier
Mots d’amour et vapeurs glacées
N’étaient pas au fond si éloignées
Passion d’un voyage noyée dans l’oubli
Au bord des grands palais de la nuit
Et de la Нева aux reflets de lune dorée
Où le jour et la nuit se mélangent longtemps
Et les murmures d’une Любящая Наташа
Певица в объятиях Берлиоза
Un secret d’histoire remontant
Tranquillement à la surface
Par l’intermédiaire d’un enfant curieux
A la mission fertile aux propos mélodieux
Sans briser la surface parfois de glace
Mouvant miroir témoin d’un passé discret
D’où ne rayonne qu’une infime part de secret

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Je suis la gloire.

Mon âme est un papillon
Voletant de-ci de là
Par-dessus des océans d’espoir,
Mon âme est un fardeau
Orpheline, languissante,
Haletant des vents de lumières…
BRISE D’AMOUR

ILLUSIONS

Komitas.

-o-

Je suis la gloire c’est son nom elle est fière et resplendissante
Elle donne envie d’écouter sa langue qui cascade
D’un rivage à l’autre jaillissant d’une voix brillante
Portée par des milliers d’années jusqu’à cette arcade
Où je pleure discrètement en découvrant les plaintes
Orageuses d’un peuple qui chante perpétuellement
Et qui porte sa voix vers une montagne douloureusement
Et qui porte une foi dont rien n’émousse la pointe
Et je voudrais savoir lire Mesrop Mashtots pour comprendre
Ce qui animait Komitas lorsqu’il cherchait la pureté originelle
L’aider à soulever son âme fardeau son âme lumière éternelle
Partager sa faim ce qu’entre poètes on peut donner et prendre
Écouter le son de sa voix chanter et vivre sa musique
Baigner mon âme païenne dans ses rivières apostoliques
Se laissait-il porter par la pierre brute et par la pierre qui vit l’art
Au son de la main des hommes qui taillent les sublimes Khatchkars
Je scrute les croix avec application pour en saisir l’infime imperfection
Mais je ne vois rien tout se cache à mon regard en perdition
J’ai marché jusqu’à  La Gloire avec une ignorance sans nom
Chaque parole que j’ai bue m’a décorée d’une riche saison
J’ai envié l’orient et l’occident confondu dans un seul horizon
Et ses danses fertiles ont chamboulé mes perceptions
L’Arménie tout entière se loge dans un cœur si fécond
Je suis la gloire met le passé le présent et l’avenir en connexion

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Géant au cœur d’argile.

Tendre géant aux humeurs fragiles
A la colère orageuse sur amours instables
Au cœur pétri dans une sorte d’argile
Mal cuit un peu fêlé perméable

Fidèle à l’idée de l’objet du rêve de ses désirs
Incapable d’en apprécier au réel l’intense plaisir
La quête est plus puissante que le Graal convoité
Elle est une fin en soi un filon à exploiter 

Le réel et ses conséquences n’a que peu de prises
La vie d’un enfant une toute petite emprise
Sur la part de vie consentie qui lui est dévolue
La chair de l’autre est un encombrement absolu 

Le génie occupe toute la place à l’intérieur de l’âme
Mangeant l’homme conduisant toute distraction au drame
Transformant les contraintes quotidiennes en aliénation
Les moyens de s’offrir une vie une perpétuelle dérivation

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Ceci n’est pas…

Ceci n’est pas une poésie
Pas un alignement de propos inédits
Ce n’est qu’un écran où à tout propos tu t’égares
Dans un ramassis de lettres posées au hasard
Ne cherche pas le reflet d’un miroir
N’essaye pas de trop y voir
Un sens un but une erreur
A trop te pencher je vais voir ton cœur
Tomber d’un instant à l’autre sur un mot
Espérons qu’il soit doux et pas trop beau
Pour être vrai
En veux-tu un spécialement cuisiné
Pour satisfaire un égo démesuré
Ou le préfères-tu discret et sans allure
Pas trop exposé dans une devanture
Pour le susurrer le cajoler le murmurer
Celui qui n’est compris que par un tout petit
Nombre d’appelé un petit trait d’esprit
Tendre et acidulé comme un bonbon à sucer
Avec les yeux qui brillent
Vois comme je suis gentille
Je suis prête à te le dessiner
Au fond d’une caisse à mouton
Pour que tu puisses voir s’il est assez bon

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Au clair de la lune.

Aux abords de ton rivage noir et blanc
Après avoir eu faim de toi avoir manqué de ta présence
Après avoir snobé des tentateurs à grande insistance
Et gardé pour toi seul notre histoire longtemps
J’ai cherché dans ma mémoire les enchainements d’espace
Et embrassé le son parfait qui ne laisse aucune trace
Dans l’air des autres tu passes directement des mains au cœur
En liaison directe sans poser de questions sur l’absence
Laissant glisser les caresses sur tes touches sans rancœur
Certain que ton chant discret montera en abondance
Et que ma volonté sera faite en mémoire de doigts
Sans penser aux aspérités elles se posent au bon endroit
Dans ma prudente gourmandise matérialisée mes habituels désirs
Tu occupes mon esprit dans un mouvement plein et complet
Tu catalyses la communion avec le passé le présent et l’avenir
Je ne connais rien de plus puissant que de m’engloutir dans tes secrets
Tu me proclames maître d’un univers au bénéfice d’un règne discret
Éphémère et fragile dans une dimension qui n’appartient qu’à nous
Il n’y a que la confidence parfaite qui sied à nos rendez-vous
Et peut être de temps en temps un fou un ami un enfant à qui tout plait

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1830

Elle apparait idéale entre deux notes complices
Le son de son nom se grave et se transporte
En vibrations depuis un cœur fêlé jusqu’à sa porte
Passion délirante accès de joie mélancolie feux d’artifices 

Femme parfaite composée d’une obsession musicale
Partout son image se projette depuis les branches des arbres
Jusqu’aux murs de la ville et encore sur la tombe de marbre
De l’âme vague happée par les ivresses d’un bal 

Ô bien sûr le calme se fait sur chant pastoral
Avant la tempête reprendre de l’air  souffle salvateur
Minuscule pause esquisse d’un mouvement libérateur
Et de nouvelles angoisses surgissent presque fatales

Des plis d’un jupon bruissant tombe un amour orphelin
Le cauchemar coule et s’incruste comme un démon malin
La main frappe la mort plane la sentence tombe et glisse
Le coupable se désincarne pour assister à son propre supplice

Alors les ombres grandissent leurs bras s’allongent menaçants
Des rires sataniques se moquent de toutes les peurs d’enfant
Les sorcières dansent les âmes dans un sabbat frénétique
L’aimée fond toute entière dans le puits d’un  esprit diabolique

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