Que fais-tu là ?

Visiteur qui passe sur ces mots tu m’intrigues
Que fais-tu dans ces champs de rimes artificielles
De fleurs qui poussent sans pieds comme des rebelles
A peine un message éclaté dans cette garrigue
La plupart du temps sèche et aride
Quel est la phrase qui t’emporte à la dérive
Les pointes de pensées les plus décisives
Que peux-tu deviner dans mes propos invalides
Brocanteur de mes sensations recyclées
Attrapeur de notes aux vents évaporées
Que reste-t-il des instants vécus ou imaginés
A l’instant où la dernière syllabe se trouve distillée

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Premiers Fa

Fa do sol ré la mi si
Sur une grande page blanche
Avec joie et beaucoup d’envie
L’archet rêve d’une main blanche

Si mi la ré sol do fa
Quintes justes et tout le falbala
Aucune crainte bientôt tu sauras
Rendez-vous dans quelques pas

Peut être que j’avais rêvé d’un duo
A mes débuts sans te connaitre
Peut être que l’onde réglée trop haut
N’a pas encore éclos et reste à naitre

Je t’attends juste là au coin de ce chemin
Demain quelques notes sur ton parchemin
Et au bout de ma flûte ou bien sur mon piano
Quelques morceaux de notes seront ton écho

N’ai pas peur de tomber lorsque le bateau tangue
Il y a pour s’amarrer les liens que d’autres nous tendent
Il sera si facile de se parler dans l’autre langue
Pour bien nous accorder il suffit juste que je t’entende

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Retrouvailles.

Un temps de libre pour poser les mains sur ta bouche blanche
Tous nos petits matins seront à nouveaux des dimanches
Comme s’il en pleuvait nos rendez-vous à l’heure où flanchent
Les insomniaques et les faiseurs de sommeils prolongés sont à l’affiche

Il y a peu de chances pour qu’en six jours le sentier soit devenu une friche
J’ai tout en mémoire le bon le mauvais ce qui est droit et ce qui penche
J’ai tout dans le cœur mon amour l’indicible joie et les vieilles rancœurs
Les notes douloureuses les sensibles les toniques et les accords majeurs 

Toute la matière secrète dont nous créons notre monde intérieur
Tenu caché secret sous des milliers de voiles de pudeur
Pourtant tu vois ton mi si mis à mal par l’âge qui te guette autant que moi
Me pousse parfois infidèle à tracer des sillons sur d’autres chemins étroits

Mais le bruit différent que font ces petits pas n’ont pas encore conquis mon âme
Et tu plais tant aux enfants qu’un sursis salvateur pourrait t’éviter le drame
Alors je te pardonne d’avance tes futures défaillances si tu acceptes encore
Le cliquetis que font les ongles trop longs et les petites mains chargées de trésors

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Écouter chanter le monde

Aussi longue soit la distance parcourue je ne sais pas pourquoi
Toujours au pied du même pupitre mes pas me ramènent
Une toute petite graine d’expérience supplémentaire qui se sème
Porteuse de l’espérance d’un arbre géant à chaque fois

Je ne sais pas pourquoi les bras qui m’enserrent me renversent aussi
Projetant sur des années lumières l’incontournable nostalgie
J’en aurais presque mal là au centre de mon univers qui s’expanse
Si je ne savais pas aussi que demain tout tourne et tout danse

Je voudrais pour toujours tremper mes mains dans des sources fécondes
Sans que jamais ne s’arrête l’envie une seule seconde
Et que la vie entière soit une suite de concerts reliés par des rondes
Sans nul autre besoin que de jouer ou d’écouter chanter le monde

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Veille de concert.

Elle est là vilaine petite sournoise qui se tapit dans l’ombre
Source de méchante humeur de regards déserts et sombres
Le repos la sagesse et tout ce qui remplit la vie de fadaises
Sera pour plus tard il est l’heure d’éradiquer le malaise
Et  demain il y aura vraiment de quoi la mettre à genoux
Quelques potions magiques qui pourront en venir à bout

Alors il sera temps de plonger le regard dans le regard directeur
Il n’y aura aucune angoisse ni manque malsain de douleur
Juste le vœu de déposer chaque objet au bon endroit
De caresser les reliefs de la matière en suspension dans l’air
Et de profiter de ce qui s’évapore au contact dans la joie
De capter le propos de chaque vent dans ses paroles éphémères
Chacun dans sa couleur organisée en mélanges savants
Le peintre a de longs doigts tu le reconnaitras il les tient en avant

Public si comme moi tu vibres dans tout accord fécond
Tu seras capturé par l’ensemble dans chaque vibration
Qui s’inscriront pour longtemps dans le creux de ton ventre
Et si ton cœur est pur il se pourrait qu’un peu de nous y entre
Si tu n’y prends pas garde en douceur et sans effraction
La musique unit ceux qui la font et ceux qui l’écoute sans distinction

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Faim de silence

La faim d’un silence qui se prolonge enfle et grandit
A mesure nous faisons passer le temps jusqu’à le distordre
Pour un déménagement de notes il faut les mettre en bon ordre
Cela prend beaucoup de temps et fait beaucoup de bruit

Demain encore prisonnière de mes contraintes musicales
Je tenterai une échappée grossière vers mes rêves
Et l’œil agile ne me laissera pas même une trêve
Que lui importe que mes vers soient bancals

L’objectif commun est en principe un but sacré
Berlioz es tu là pour apprécier mon don de liberté
Plus tu approches et plus je me sens attachée
Sur cette chaise où tu me nargues par accents interposés

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Nostalgie

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Je n’ai pas assez couru pas assez parcouru
Les chemins pas assez trempé les pieds dans des rivières
Fait le tour des étangs sauté par-dessus des barrières
Pas assez frotté dans l’herbe humide mes pieds nus

Je n’ai pas assez bu à l’aune des mes amitiés sincères
Pas assez profité des allées et venues des gens qui me sont chers
Pas assez tourné les pages de tous les précieux univers
Et encore moins rêvé pensé écris quelques vers

Promettez-moi que vous viendrez combler mon hiver
Et que nous grimperons encore et toujours plus haut
Que vous m’aiderez à freiner les murs du temps qui se resserrent
Pour tricoter ensemble de l’éphémère et des idéaux

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En pèlerinage.

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Entre deux paires de notes s’accroche à mon jupon
Une passagère inattendue à qui j’accorde trop peu d’attention
Toute prise dans mon rêve au fil des vagues qui ondulent
Sous les bras puissants de  Suzana Bartal qui nage
Dans une mer profonde et habitée de  tant de personnages
Le temps m’est compté autour de mon cou une grosse pendule

Pourtant elle est surprenante intéressante et pleine d’interrogations
La musique semble lui être une bien tardive révélation
Et ses pas dans les miens un hasard qui finit par ne plus m’étonner
J’ai trouvé dans mes bottes souvent de bien curieux sujets
Nous passons chez Brigitte le peu de temps qui nous est accordé
Entre deux paysages ourlés de propositions fortes ou raffinées

Et je retourne très vite me caler derrière le pilier d’un édifice
Qui enregistre ce jour d’incroyables prières pour un merveilleux office
Saluant au passage et à toute vitesse un ami qui parait très occupé
Pas besoin de courbettes il sait pourquoi je suis pressée
Dans mon sac une adresse à laquelle j’accorderai de l’importance
Le destin m’a désigné quelqu’un  c’est peut être encore une chance

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Dans un jardin de notes.

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Dans un jardin de notes où les mi s’élevaient de travers
Poussaient assez de bottes de si et de la sans trop histoire
Pour passer un bel après midi de pluie et de chant d’espoir
Suffisamment de vent pour rafraichir les tons et un peu l’air 

Deux jardinières qui trop peu souvent s’accordent
Car le temps les embarquent allegro et sans miséricorde
Les poussent toujours plus avant dans des champs sans clé
Chacune en son terrain semant chacune de son côté 

Mais pour cette rencontre la récolte était au gros bouquet
A la surprise du temps qui passe et fait germer les avancées
La présence de Sagesse n’était pas un rêve coincé sous l’oreiller
Son tempo d’allégresse enfin accessible à notre portée 

Haendel était le témoin de paroles longtemps apprivoisées
Vivace et toujours vigoureux de nos plus anciennes cultures
Entre autres fantaisies farandoles et graines à peine germées
L’espace se façonnait et commençait à prendre belle allure 

Combien de temps restait-il pour faire pousser des éphémères
Toutes ces plantes à tiges graciles fragiles rares et si précieuses
N’avons-nous pas plutôt planté des immortelles pour décorer l’hiver
Et rendre nos rencontres toujours si brillantes et radieuses

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Rocamadour

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Belle si belle accrochée sur ton rocher
Que tout le monde veut de près ou de loin t’admirer
Et tu cèdes un peu facile à la pression des marchands
Et tes étals compromettent les silences des priants

Et tant de voitures se pressent de tous côtés
Et tant de gens grimpent plus ou moins vite sur tes escaliers
Comment apprécier encore et malgré tout ta beauté
Sacrifiée au monde qui veut s’afficher à tes pieds

Au soir alors que les touristes sont partis se reposer
Que tes vitrines anachroniques se sont éteintes
Sous les lumières de la nuit tu prends de belles teintes
Une douce chaleur s’exhale de ta roche ambrée

Alors peut être tu livres un peu plus de ton passé
La souffrance de tes bâtisseurs et toute leur fierté
Le témoignage de piété et de pénitence
Les raisons qui justifient ton existence

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223
Intacte la lumière d’or qui l’entoure comme un halo
L’incroyable douceur qui émane de l’être surnaturel
Une sorte de messie qui traverse la vie sans s’abimer les ailes
Et qui grave en tout lieu la parabole sur les plus beaux pianos

A chaque phrase le public est ligoté par les longs fils de soie
Générés par la résonance qui s’installe sous ses doigts
Chaque note porte avec précision l’œuvre dans son ensemble
Chaque parole est un message adressé à ceux qui lui ressemblent

Autour de nous s’agitent des milliers de notes dans un bal éphémère
Elles font de nos âmes les témoins d’un autre temps d’une autre ère
Mais sous son dôme de verre rien n’atteint la magie du créateur
Aucun état d’âme aucune peur il est en communion avec l’auteur

Il devient ce qu’il joue de l’écriture à la matière sonore
Il est le temps l’espace et la vie qu’à chaque fois il honore
A chaque fois trop de cette incandescence musicale me nuit
Je perds de vue la lumière et tous les autres sons me sont des bruits

Je ne sais ce qui fait le plus mal tant de beauté dans cette œuvre
Où tant de précision dans le jeu qu’en toute innocence il opère
Les deux me touchent tant que bien lourde est l’épreuve
Accepter la portée de l’empreinte sur le sens de mon univers

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Au fond du gouffre

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Dans une barque sous la terre au fil de l’eau
Il tombe une pluie permanente et légère
Des larmes pures sorties d’entrailles mystères
La fraicheur nous environne et l’esprit s’élève haut

Les gouttes abandonnent ça et là un peu de calcaire
Construisant sans cesse au cours des millénaires
Des architectures de dentelles fragiles en pierre
Qui descendent des voutes comme des lampadaires

Des lacs d’une eau si limpide vous attirent comme des aimants
Il faut être sage et très mature pour ne pas s’y glisser un instant
Un passager y laisse pourtant trainer un peu sa main
Et la fraîcheur saisissante l’oblige à rebrousser chemin

Les plafonds des grandes salles sont hauts comme des cathédrales
Les Déesses pour lesquelles elles furent dressées ne sont ni jalouses ni vénales
Elles proposent à tous ceux qui en veulent goûter un espace
De venir là tranquillement et de prendre leur place

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Glissant sur l’eau qui adoucit la chaleur de l’enfer
Transpirant par tous les pores de son corps fatigué
Il raconte la vie des ancêtres peut être de ses pères
A contre courant lentement rien ne semble le presser

Une fois mille fois toujours les mêmes histoires
Chaque jour la même foi pour ressusciter la vie le terroir
Profond nourri de la rivière avant qu’elle s’apprivoise
Nourri de nostalgie lorsque les routes se croisent

Quelques vaches trainent les pattes dans l’eau
Leur jardin est un espace presque surnaturel
Alors qu’une libellule fait escale en paradis artificiel
Le passage du temps se rapproche de zéro 

A quelques centimètres des lignes de pécheurs
La gabare dérive à présent avec une sage lenteur
Plus de bruit à part peut être le sillage d’un nageur
Plus de bruit à part peut être celui d’une locale liqueur

Plus de bruit car s’est enfin tu le moteur puissant
C’est le temps d’une pause presque immobile
Presque la fin du voyage un petit supplément qui oscille
Avant le retour à la vie et son mouvement

Mais on peut encore capter quelques souvenirs discrets
Une racine à demi immergée qui dessine un art curieux
Peut être les contours imaginaires d’âmes tourmentées
Et les lumières du crépuscule qui se noient à petit feu

Tout à coup le retour s’organise transition vers le présent
Les passagers s’animent saluent les riverains facétieux
Font de signes de la main des blagues bon enfant
Et la vie reprend sa place pour prime des souvenirs radieux

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Merci lecteur.

Ils sont cachés derrières des écrans de lumière
Les gens que j’aime ou que je pourrais aimer
C’est vers toi aujourd’hui que je porte des petites pierres
Ces mots que tu te plais à contempler
Merci lecteur fidèle d’être toujours présent
De monter dans mon train ne serait-ce qu’un instant
Et de m’apprendre beaucoup plus que tu ne le penses
Sur ce que je te transmets et ce que je dépense
En énergie obscure pour inscrire ces quelques mots
Te voici bien en lumière pour une fois discret héros 

C’est un acte bien anodin que tu accomplis hier
Qui pénétra au-delà des sphères concentriques
Que je maintiens autour de la zone solaire
Et qui bouscula la source féconde et magique
D’ondes frémissantes cailloux d’or dans une mare
Les raisons les plus variées autorisent elle à pervertir l’art
Nous ne sommes comptables que de nos belles actions
Ton regard bouleverse mes trop nombreuses propositions
Comment sais-tu trouver et sanctifier mes pensées les plus secrètes
Es-tu un magicien qui rampe sous des allures discrètes

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Mâchoire blanche et noire ton appétit avait rongé mes doigts
Toutes sortes d’angoisses traversaient mes émois
La peur d’être happée par ta bouche trop large
De ne pas s’abandonner entière à tes baiser gigantesques
Et de plonger les deux mains dans tes cercles dantesques
De t’échouer sur un banc de sable comme une vieille barge
Et nous voici pourtant en amour comme deux vieux fous
Je sacrifie pour toi le temps que je récupère partout
L’entre-deux notes de l’argentée qui toujours te jalouse
Pour tes propos divins il s’en faudrait de peu qu’elle ait le blues
Les milliers d’harmonies qui déferlent en cascades fleuries
La font se sentir pauvre quand tu déclenches ta perfidie
L’amour que j’ai pour elle n’est pas le volcan qui me conduit
A revenir sans cesse vers toi l’inachevé l’histoire sans fin
Elle est le calme elle est la ligne droite le langage incertain
L’essentielle respiration qui nous fit traverser la nuit
Mais il lui manque la douleur qui un beau matin nous a pris
Les empreintes douteuses d’un pianiste médiocre qui s’est enfuit
Certains diront de nous que nous sommes des faiseurs de bruit
Aussi je me cache au plus profond des entrailles de la technologie
Je m’isole avec toi pour seul complice des forfaits de faux appuis
Et je grandis  seule par ta puissance ma mémoire et ton énergie
Une boule de feu se tient en mon centre recroquevillée
Tu l’expanses sans préavis comme un artefact ensorcelé
Tu me pousses au-delà des paroles au-delà de la raison
Dans mon langage premier à l’âpre goût de l’abandon
Quand  souvent je te déteste un peu sur tous les tons
Les silences vengeurs sont ma plus terrible expression
Et il me faut parfois plusieurs semaines pour être au diapason
Mais tu n’as jamais perdu ta place au cœur de mon salon

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